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Les Naufragés Trouvent Refuge

This is a translation of "Island Refuge for Castaways" by Kevin Greenstein

Au cours des récentes années, les Islanders ont eu leur lot de difficultés pour attirer et retenir les meilleurs agents libres. L'exode le plus récent a vu Jason Blake, Ryan Smyth et Tom Poti (entre autres) aller chercher une herbe plus verte ailleurs, laissant le DG Garth Snow compléter son alignement avec des options de deuxième ou de troisième niveau.

Deux des manœuvres de Snow qui ont reçu moins de publicité, les acquisitions de l'avant Ruslan Fedotenko et du défenseur Bryan Berard, sont en train de s'avérer visionnaires, montrant clairement que le toujours débutant DG (un ancien gardien de la LNH) vient peut-être de trouver sa vraie vocation.

Dans le cas de Fedotenko, il ne s'agit pas de la première fois qu'il donne raison à un DG. A l'été 2002, Jay Feaster, le DG du Lightning de Tampa Bay, avait conclu une transaction très controversée en faisant l'acquisition de Fedotenko des Flyers de Philadelphie en retour du troisième choix total du repêchage de 2002. Avec ce choix, les Flyers avaient repêché le défenseur finlandais très convoité Joni Pitkanen, et Feaster allait manifestement passer le reste de sa vie à regretter sa décision.

Cependant, il ne s'est pas passé beaucoup de temps avant que le Lightning ne réalise le potentiel caché de Fedotenko, et il a incontestablement contribué de façon très importante durant leur parcours victorieux des séries éliminatoires de la Coupe Stanley 2004. Fedotenko a marqué 12 buts en 22 matches de séries, s'établissant définitivement comme une menace très dangereuse devant le filet.

Le Lightning devait absolument améliorer sa défense, et Fedotenko a donc quitté l'été dernier pour signer un pacte d'un an d'une valeur de 2,9 millions $ avec les Islanders. L'opération a été éclipsée par les acquisitions du nouveau capitaine Bill Guerin et du talentueux joueur de centre Mike Comrie, mais il est probable qu'elle s'avère tout aussi décisive dans le succès de la formation. Le DG Garth Snow et l'entraineur-chef Ted Nolan avaient un plan clair à l'esprit au sujet de Fedotenko, lui donnant un poste sur le premier trio en compagnie de Guerin et Comrie, et les premiers résultats ont été rien de moins que sensationnels.

Fedotenko a amassé sept points au cours de ses huit premiers matches avec les Islanders, fonçant infatigablement vers le filet et apportant le complément parfait au talent de fabricant de jeu de Comrie et au lancer mortel de Guerin. Fedotenko mène les attaquants des Islanders au chapitre du temps de glace, et Nolan a pu l'utiliser dans toutes les situations de jeu. Mais sa plus grande valeur est sans aucun doute apportée quand il joue en compagnie de Guerin et Comrie à égalité numérique et sur l'attaque à cinq.

Son style de jeu est très similaire à celui de la locomotive des Red Wings de Detroit, Tomas Holmström ; ce sont tous deux des guerriers indestructibles qui bataillent régulièrement dans le trafic afin de créer des espaces pour leurs plus talentueux compagnons de trio. La magnifique performance de Fedotenko dans les séries de 2004 rappelle sans aucun doute celles que les Red Wings obtiennent à chaque année de la part d'Holmström, et le seul regret des Islanders est certainement de ne pas avoir réussi à lui faire signer un contrat de longue durée.

L'acquisition de Berard a également payé des dividendes immédiats aux Islanders en apportant de la stabilité dans la zone défensive. Mais la première raison de son acquisition était d'assurer le départ de l'attaque, et c'est exactement ce qu'il a fait, aidant l'attaque à cinq des Islanders à fonctionner avec une réussite de 27%, un sommet de la ligue. Il a récolté quatre points au cours de ses cinq premières parties après son retour avec les Islanders, enlevant rapidement et surement le rôle de quart-arrière de l'attaque à cinq à Marc-André Bergeron, qui a été laissé de coté lors de trois matches consécutifs.

Victime d'un bâton élevé involontaire qui lui a couté l'usage de son oeil droit en 2000, Berard demeure incroyablement l'un des fabricants de jeu à la ligne bleue les plus dynamiques de la ligue. Depuis la saison 2003-04, il a maintenu une moyenne de 0,72 points par parties, un rendement comparable à celui des meilleurs défenseurs que sont Sergei Gonchar (0,80), Nicklas Lidström (0,74), et Wade Redden (0,62). Et quand on considère à quel point Berard est bon marché (725 000 $ par année) par rapport à ce trio d'arrières – et même en tenant compte qu'il n'est pas aussi accompli défensivement que Lidström ou Redden – on voit bien à quel point il s'agit d'une bonne affaire pour les Islanders.

Malheureusement, une élongation à l'aine va tenir Berard, souvent blessé, à l'écart pendant 2 à 4 semaines, permettant peut-être à Bergeron d'obtenir une deuxième chance. La bonne nouvelle pour les Islanders est qu'un hasard du calendrier ne leur fait jouer aucun match avant samedi soir. Et si Bergeron effectue comme prévu son retour dans l'alignement contre les Hurricanes de la Caroline, il s'agira d'une certaine façon d'une double chance de rachat pour le jeune défenseur.

Il y a deux ans, Bergeron avait été le héros malheureux des Oilers et de leur extraordinaire parcours jusqu'à la finale de la Coupe Stanley après qu'ils euent fini au huitième rang de la Conférence de l'Ouest. Durant la première partie de la finale contre la Caroline, Bergeron avait involontairement bousculé l'attaquant des Hurricanes Andrew Ladd sur le gardien Dwayne Roloson. La blessure résultante au genou de Roloson avait écarté le gardien pour le restant des séries, détruisant le moral et l'efficacité de Bergeron et faisant dérailler la saison historique des Oilers.

La saison suivante, Bergeron a connu beaucoup de difficultés à Edmonton, les partisans et les media perdant patience avec lui, et c'est sans véritable surprise qu'il a été échangé aux Islanders (avec un choix de troisième ronde au repêchage) en retour de l'espoir sans contrat Denis Grebeshkov. Son jeu avec les Islanders dans le dernier droit a été plutôt bon, et il a récolté 21 points en seulement 23 parties en plus d'obtenir un impressionnant +5. Et même s'il a connu quelques difficultés en ce début de saison, il est plus que probable que l'influence stabilisante de Nolan va remettre Bergeron sur les rails.

Les surprenants Islanders ont compilé une fiche de 5-3 jusqu'ici, prouvant être bien meilleurs sur la glace que sur le papier. Et même s'il est facile de donner le crédit aux compteurs de buts et au gardien étoile Rick DiPietro, la réalité de l'affaire est que ces Islanders réussissent parce que leur jeu est façonné par leur entraineur-chef. L'éthique de travail de Nolan a de toute évidence déteint sur son équipe, et aussi longtemps que les Islanders continueront de travailler aussi fort, ils seront des prétendants très sérieux, bien qu'improbables, aux séries éliminatoires.